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Pollution à Paris
©Flickr.com / Alberto Hernàndez

20 novembre 2016

Pollution de l’air: comment conjuguer mobilité et santé

La France connaît, depuis début décembre, des pics de pollution de l’air dans plusieurs villes et régions. Tour d’horizon des solutions développées par les capitales européennes.

Dans les agglomérations urbaines, le trafic automobile représente la principale source de pollution. Pour tenter de retrouver une qualité de l’air respirable et lutter contre les particules fines – cancérogènes avérés – les autorités publiques déploient différentes mesures… plus ou moins bien perçues par les usagers de la route. Mais sont-elles efficaces?

Face à des épisodes aigu et durable de pollution, comme l’a connu la France au cours du mois de décembre, les pouvoirs publics adoptent des mesures d’urgence. Circulation alternée, gratuité des transports publics et du stationnement résidentiel, baisse de la vitesse maximale autorisée ou encore circulation restreinte des poids lourds dans les centres-villes. 

Réduire de manière durable la concentration en particules fines dans l’atmosphère appelle des mesures structurelles allant au-delà des mesures ponctuelles. Quelles solutions existent?  

Mise en place d’une conduite apaisée en ville

De plus en plus de ville européennes et françaises cherchent à abaisser la vitesse de circulation en ville de 50 à 30 km/h. Cette mesure, qui vise à améliorer la sécurité et le cadre de vie, contribue également à réduire la pollution de l’air puisqu’elle incite à privilégier la marche ou le vélo pour les déplacements de proximité. 

Avec une vitesse à 30 km/h, on limite les freinages soudains ou les accélérations brutales et diminue ainsi la consommation de carburant et les émissions d’oxydes d’azote et de particules. Limite du dispositif: l’effet sur la qualité de l’air n’est positif que s’il n’entrave pas la fluidité du trafic et que la zone à 30 n’est pas contournée par les automobilistes. 

Interdiction de circulation pour les véhicules les plus polluants

Des «low emission zones» - zones à faibles émissions, ont été instaurées dans plus de 200 villes européennes. Dans ces zones, la circulation est interdite aux véhicules les plus polluants. Sur la base d’une classification des véhicules en fonction de leurs émissions polluantes, la ville décide quelles catégories est autorisée à y circuler. 

Une vignette, collée sur le pare-brise, permet alors le contrôle visuel par la police. Toute infraction se voit alors sanctionnée par une amende. En Allemagne, celle-ci s’élève à 40 euros et est assorti du retrait d’un point sur le permis de conduire. En Suède, l’amende peut atteindre 113 euros. A Londres, 603 euros pour les camionnettes et minibus.
La mise en œuvre d’une telle mesure se fait généralement de manière progressive afin d’échelonner dans le temps les catégories de véhicules concernées. 

Pour que la mesure impacte la qualité de l’air, il faut que le périmètre de la zone concernée soit suffisamment large pour éviter toute stratégie de contournement. Mais les résultats sont spectaculaires. Des baisses de 40% du taux de particules fines ont ainsi pu être obtenus. 

Cette mesure incite également au renouvellement du parc automobile. Depuis 2010 par exemple, on remarque à Berlin que 90% des diesel sont équipés de filtres à particules.

Restriction de la circulation en centre-ville

Instaurer un péage urbain. Voici la solution mise en œuvre par des villes comme Stockholm, Londres, Oslo, Milan ou Dublin. Objectif : décongestionner le centre-ville et lutter contre la pollution. Le péage urbain permet de réduire de 15 à 20% le trafic automobile au centre-ville.

L’équipement en vidéo-surveillance permet de vérifier, grâce aux plaques d’immatriculation, que les conducteurs ont réglé leur droit de péage. 

A Milan, la taxe est proportionnelle au niveau de pollution de la voiture. Ainsi, une voiture qui ne transporte que son conducteur est automatiquement taxée. Ce dispositif cherche à favoriser les comportements vertueux sur le plan écologique, tel que le covoiturage.  

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