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25 janvier 2017

Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération

Le mercredi 25 janvier, le TCS et l’Union patronale du canton de Fribourg ont organisé un débat contradictoire sur FORTA (Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération).

Jacques Bourgeois (conseiller national PLR) et Eric Collomb (président du TCS Fribourg, député PDC) représentaient le camp du oui à FORTA. En face d’eux, Bruno Marmier (président des Verts fribourgeois, député) et David Bonny (député PS) s’opposaient à FORTA. Retransmis sur les ondes de RadioFr, le débat était animé par Philippe Hüwiler, rédacteur en chef.

Synthèse des arguments des quatre protagonistes, par ordre alphabétique

David Bonny. Pour le député socialiste, il n’y a rien à sauver dans FORTA. Il estime en effet que le financement routier devrait être compris dans le ménage général de la Confédération et qu’il est complètement inutile de créer un fonds spécial, et bloqué, pour le pérenniser. Lorsque Jacques Bourgeois lui rétorque que le financement ne serait pas assuré, il répond: «On sait tous que la Confédération continuerait à investir dans les routes, même sans FORTA.» Il affirme encore que le fonds d’infrastructure adopté en 2008 aurait dû régler les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui sur les routes, mais qu’il ne l’a pas fait. Il ne voit donc strictement aucune raison d’adopter FORTA, d’autant, insiste-t-il, que ce fonds n’apporte quasiment rien au canton de Fribourg: «Pour la population fribourgeoise, il n’y a quasiment rien. C’est un fond pour l’Arc lémanique et pour Zürich.» Il se montre particulièrement déçu qu’aucune solution ne soit encore planifiée pour la route Matran-Payerne. Il note enfin que l’augmentation du prix de l’essence prévue pour financer FORTA va faire augmenter le plein de CHF 4.- et que cette somme s’ajoute à beaucoup d’autres augmentations qui finissent par assécher les finances des ménages suisses.

Jacques Bourgeois. Le conseiller national PLR est convaincu que FORTA doit être adopté si l’on veut garantir le financement des routes. Il rappelle à David Bonny que l’augmentation de CHF 4.- par plein dont il parle ne prend pas en considération la diminution constante de la consommation des véhicules. Il rappelle également que les 4 ct d’augmentation par litre sont un compromis, puisqu’il était initialement question d’une augmentation de 12 à 15 ct. Il explique enfin que cette hausse du prix ne sera pas automatique: elle interviendra seulement lorsque les réserves du fonds passeront sous le seuil des 500 millions de francs. 
Jacques Bourgeois considère qu’on a tort d’opposer le rail à la route, qui sont complémentaires. Il constate que les Fribourgeoises et les Fribourgeois se déplacent pour 25% en transports publics et 75% avec leurs moyens privés. Pour lui, il est évident qu’avec le fonds ferroviaire adopté en 2014 et FORTA, l’ensemble des transports pourront se développer, puisque FORTA permettra de financer les routes et le trafic d’agglomération. «Avec ces deux fonds, nous aurons les moyens de mieux financer toutes nos infrastructures. Et ensuite, il faut laisser le choix aux gens». Il conteste vigoureusement que les 400 millions prévus pour les agglomérations – sur le montant global de 4,5 milliards de FORTA – ne soient qu’un «sussucre». Il rappelle aussi, en donnant l’exemple des grandes villes suisses, que les investissements autoroutiers jouent un rôle fondamental pour désengorger les agglomérations. Un spectateur constate que, considérant les mécanismes d’investissements dans les agglomérations, «ces 400 millions déclenchent globalement un milliard d’investissements». 
Pour Jacques Bourgeois, l’importance d’un tel fonds, illimité dans le temps, est fondamentale, tant pour la construction que pour l’entretien des routes. C’est aussi, à ses yeux, un gage de sécurité pour les usagers. Il est enfin certain que Fribourg en bénéficiera à l’avenir, par exemple pour réaliser la couverture de l’autoroute dans le secteur de Chamblioux. Il conclut en souhaitant que nous continuions à investir pour le futur afin de favoriser la complémentarité des moyens de transport. 
embouteillages. 

Eric Collomb. Pour Eric Collomb, président de la section fribourgeoise du TCS, il est crucial que FORTA passe afin d’ancrer le financement routier dans la constitution et de le «tenir à l’écart de l’humeur des parlementaires.» Il rappelle que le TCS soutient activement ce fonds et qu’il était également favorable au fonds ferroviaire. A ceux qui se plaignent parce que Fribourg n’est pas assez bien servi, il rappelle que le fonds est appelé à durer et que, quand Fribourg aura des projets, il pourra compter sur le financement FORTA, comme il a pu bénéficier du Fonds d’infrastructure qui a permis au pont de la Poya d’être financé à hauteur de 82 millions par la Confédération. Il rappelle aussi «que ce fonds va servir l’ensemble de la Suisse et que les Fribourgeois qui doivent se rendre à Genève et à Zürich, ou franchir le Grand-Saint-Bernard, en bénéficieront comme tout le monde.» Il constate que, dans les années à venir, beaucoup de projets romands seront soutenus par FORTA.
Il comprend difficilement ceux qui disent que ce fonds n’est pas nécessaire. Pour lui la mise à niveau des routes nationales est urgente. Depuis la construction, dans les années 60-70, de la plupart des autoroutes suisses, le pays n’a cessé de prendre du retard dans les investissements. Il rappelle également que 74% des transports privés et 68% du trafic de marchandises passent par la route: «Comment dire que les investissements routiers ne sont pas nécessaires?»
A ceux qui, par idéologie, misent tout sur les transports publics et rien sur la route, il rappelle encore que beaucoup, dans notre canton, n’ont tout simplement pas le choix et doivent utiliser leur voiture pour leur travail. L’économie suisse souffre aussi, aujourd’hui, des incessants bouchons sur les routes. On estime à un milliard la perte annuelle due aux embouteillages. 
Il conclut en remarquant simplement que la route et le rail sont complémentaires et qu’ils ont besoin de fonds d’investissement solides.

Bruno Marmier. Le Vert Bruno Marmier n’est pas opposé à FORTA, sur le fond. Il pense pourtant que 4,5 milliards, c’est trop. Contrairement à ce qu’affirment les partisans du oui, ce montant de 4,5 milliards ne favorise pas la complémentarité: il est trop élevé et limitera le transfert modal vers les transports publics. Il est donc convaincu que FORTA affaiblira ces derniers: «Aujourd’hui, analyse-t-il, on dépense 3 milliards par année pour les routes, en passant à 4,5 milliards on ne fluidifiera rien du tout. Toutes les études montrent que la construction de nouvelles routes génère du trafic supplémentaire.» Il remarque aussi que le fonds ferroviaire coûte plus cher aux usagers du rail que FORTA aux usagers de la route: «Le prix des transports publics augmente plus que celui des transports privés. Il y a donc clairement un infléchissement de la politique en faveur des transports publics.» 
Pour lui, la part de FORTA consacrée aux agglomérations n’est pas suffisante, «mais c’est du très bon marketing pour faire passer FORTA. Il est évident qu’on devrait mettre plus pour les agglomérations et moins pour les routes.»

Il pose cette question: «Doit-on garantir à chaque citoyen de rouler seul, en voiture, n’importe quand, sans bouchon? C’est un choix de société. Veut-on tout bétonner pour offrir ce confort routier aux citoyens? A eux de décider.»  

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