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Tesla a su s'imposer rapidement comme le constructeur n°1 de véhicules électriques, grâce à une stratégie de communication qui a pris les marques "historiques" de cours. La réalité du marché est pourtant toute autre, même si la marque américaine reste la plus populaire.
©Photo: Torbjorn Sandbakk / unsplash.com

16 avril 2020

Le boom électrique

Certains ne jurent plus que par la voiture électrique, d’autres disent leurs doutes: une chose est certaine, on en voit de plus en plus sur nos routes. Les voitures électriques en quelques citations de personnes très intéressées par ce débat.
Un choix plus écologique

"La voiture électrique est un choix plus écologique, une bonne évolution. Sur l’ensemble du cycle de vie du véhicule, les analyses montrent clairement que la voiture électrique, au final, est plus écologique qu’une voiture à moteur à combustion... Avec le mix énergétique suisse, une voiture électrique de catégorie moyenne émet moins de gaz à effet de serre à partir de 40000 à 45000 kilomètres."

Si sa fabrication est plus polluante, la voiture électrique se révèle plus propre dès qu’elle a roulé 40000 à 45000 kilomètres, en étant approvisionnée avec de l’électricité produite en Suisse. Son bilan écologique dépend vraiment du type d’électricité qu’on utilise.

Peter Goetschi, président du TCS, sur les ondes de Forum, 8.1.2020

Lutter contre la pollution en ville

"Le mix énergétique utilisé pour faire la batterie va dépendre du pays où elle est produite. Dans de nouvelles usines du nord de l’Allemagne, ce sera avec 80% d’énergies renouvelables. Dans un pays qui utilise le charbon, la batterie est bien sûr moins propre. On va donc utiliser de plus en plus d’énergies renouvelables dans les processus de production. Concernant le recyclage, Tesla vient d’annoncer des batteries à 1,5 million de kilomètres avec une durée de vie de 20 ans...

La raison principale pour laquelle la voiture électrique se développe, c’est pour lutter contre la pollution en ville. De la même manière que le tabac est nocif pour la santé, les voitures à combustion sont nocives pour la santé.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement chinois investit tellement dans ce domaine."

Hubert Girault, professeur EPFL, sur les ondes de Forum, 8.1.2020

Lire également Hubert Girault sur l’avenir de l’hydrogène dans la mobilité

 

Une voiture thermique: plus jamais

"Je roule en voiture électrique depuis une année. C’est un véritable bond en avant! En plus des "gadgets" de technologie, comme la conduite autonome sur autoroute, qui apporte un réel confort, c’est surtout une conduite silencieuse dans une voiture qui fonctionne avec de l’énergie renouvelable produite en Suisse. Je n’ai plus la mauvaise conscience d’importer du liquide noir qui parcourt des milliers de kilomètres dans des bateaux très polluants pour venir jusqu’à nous et dont l’extraction provoque des guerres. Le carburant que nous brûlons dans nos moteurs produit un nuage, toxique pour nos voisins, qui émet des tonnes de CO2 et qui précarisent la survie de nos enfants! Ce sont aussi des véhicules beaucoup plus simples qui peuvent parcourir des distances nettement plus importantes sans aucun service! C’est ma modeste contribution à la transition énergétique... et je la vis avec un énorme plaisir! En plus, après 4 ans, entre économies sur le carburant – l’électricité coûte trois fois moins cher que le diesel/essence – et économies sur les services, elle m’aura coûté moins cher que ma voiture précédente."

Jacques Mauron, directeur général de Groupe E

 

Toujours davantage d’émissions

"Pour construire une voiture électrique, il faut trois à quatre fois plus d’énergie que pour construire une voiture conventionnelle... Ce que l’on a fait dans les pays occidentaux, c’est que l’on a délocalisé la pollution de la voiture électrique dans des pays qui ont été prêts à sacrifier leur environnement pour s’enrichir et pour produire ces minerais (ndlr: nécessaires aux batteries)...

Cette économie que nous faisons à titre individuel, en roulant un peu plus propre ou un peu moins sale ne produit pas d’économie collective, puisque le marché va grossir, notamment en Chine, où tout le monde veut sa voiture électrique… Ce qui provoquera toujours plus d’émissions."

L’auteur s’inquiète également du transfert de la production de véhicules de l’Europe vers la Chine: nous lui confierons notre mobilité alors que nous la "maîtrisions" jusqu’ici en Europe.

En Allemagne, on craint aussi les problèmes sociaux liés à ce changement: on estime que le pays perdra 400000 postes de travail chez les constructeurs et chez les équipementiers.

Guillaume Pitron – auteur de La Guerre des métaux rares – sur le site du Nouvel Observateur

 

En savoir plus

Voitures électriques 2020 - meilleure autonomie, prix attractifs 
Aperçu du marché suisse
 

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