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©Photo: Nabeel Syed / unsplash.com

21 janvier 2020

L'air des grandes villes suisses est irrespirable

5'000 personnes meurent prématurément chaque année en Suisse. Dioxyde de carbone, oxydes d’azote, particules fines… L’air que nous respirons dans les grandes villes de notre pays nous rend malades.

Ce n’est qu’en 1993 que l’on prend conscience des morts précoces dues à la pollution de l’air. Alzheimer, cancer, infarctus ; les particules fines passent dans la circulation sanguine et créent une modification génétique qui est à la base du cancer. Ceci sans compter le nombre croissant de problèmes pulmonaires, dont 40% selon l’OMS, est attribué à l’air que nous respirons.

La cause? Le trafic routier et principalement, la circulation des diesels, 10x plus nombreux que dans les années 2000. A Genève, 50'000 diesels français rentrent quotidiennement dans le canton. Les filtres à particules rendus obligatoires en 2009 devraient pourtant être capables de retenir 95% des poussières fines. Néanmoins, si le filtre est endommagé – environ 10 % en Suisse – celui-ci émet alors autant de particules que 1'000 voitures réunies. Il serait donc indispensable de faire contrôler son véhicule, mais depuis 2012, les contrôles périodiques antipollution ont été supprimés aux voitures détentrices d’un diagnostic embarqué (OBD). Comble de l’ironie, l’ordinateur contrôlant les défectuosités ne détecte pas un filtre à particules abîmé. Le monde politique a été informé de cette faille mais le gouvernement fait la sourde oreille – il critique le surplus de bureaucratie que le retour des contrôles entraînerait.

La Suisse à la traîne

Alors que la limite légale du dioxyde d’azote dépasse les seuils légaux dans la plupart des grandes villes suisses depuis plus de 15 ans, la population est victime de la politique ultra-conservatrice de la Confédération qui a refusé par 2 fois en 8 ans la mise en place de zones à trafic limité.

A Genève encore, plus aucune mesure n’a été prise depuis 2005, alors que le seuil était déjà deux fois plus élevé cette année-là.

Pourtant en Europe, 300 villes ont déjà franchi le pas en interdisant l’accès aux voitures les plus polluantes dans des endroits stratégiques de leur centre-ville, là où l’air devenait menaçant pour la santé.
 
Source, reportage RTS1
https://pages.rts.ch/emissions/temps-present/10911749-voitures-a-quand-la-fin-de-lenfumage.html#10911750
 

Circulation différenciée et macarons Stick’AIR

Qualifié de mesurette en raison de son impact minime sur la qualité de l’air, le macaron Stick’AIR est actif depuis le 15 janvier 2020 dans le périmètre de la ville de Genève ainsi qu’une partie des communes de Carouge, Cologny, Lancy et Vernier. Lorsqu’un pic de pollution est constaté, la circulation des véhicules les moins favorables à la qualité de l’air sera interdite au centre du canton de Genève. Cette région est donc la première touchée en Suisse par la circulation différenciée, mesure déjà installée dans les agglomérations françaises depuis le 1er janvier 2018 avec la vignette Crit’AiR (aussi valable à Genève selon la même numération).

Ainsi, lors de pics de pollution atmosphérique, seuls les véhicules arborant le macaron Stick’AIR correspondant aux classes autorisées pourront circuler. Les véhicules dont les émissions polluantes sont les plus élevées seront interdits à la circulation entre 6h et 22h pendant un ou plusieurs jours – jusqu’à ce que la qualité de l’air revienne à la normale. La restriction sera annoncée préalablement aux médias et à l’entrée du périmètre de circulation différenciée lors de son activation.

Cette restriction n’aura vraisemblablement lieu que sur 5 jours par année tout au plus. Tous les véhicules sont concernés par cette mesure, indépendamment de leur lieu d’immatriculation, à moins d’appartenir à une exception (police, ambulances, taxis, militaires, corps consulaires et diplomatiques, agricoles, handicapés). Ainsi, les habitants du canton de Fribourg se rendant à Genève devront s’enquérir qu’aucune restriction n’est prononcée ; dans le cas contraire, ils s’assureront au préalable que leur véhicule est en droit de circuler.

Le macaron Stick’AIR se décline en 6 catégories et est au prix de CHF 5.- dans la plupart des stations-service du canton de Genève.

A l’heure actuelle, le TCS Genève a fait recours contre cette loi et ne vendra pas de macarons tant que le verdict n’aura pas été rendu. Les autorités cantonales ont tout de même décidé de mettre en place le dispositif au 15 janvier 2020 avec une tolérance prévue jusqu’au 30 mars 2020 pour se procurer le macaron Stick’AIR.

En savoir plus sur le macaron Stick’AIR

https://www.eda.admin.ch/missions/mission-onu-geneve/fr/home/manuel-application-regime/introduction/Macaron-Stick-Air-Canton-Geneve.html

https://www.ge.ch/stick-air-circulation-differenciee/acheter-mon-macaron-stick-air

Comment déterminer son Stick’AIR

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