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©Image: HEIA-FR

03 juillet 2026

Mobilité autonome: la HEIA-FR contribue au leadership suisse

L’innovation est au cœur de la mobilité.

Elle fait partie des priorités du TCS pour permettre aux citoyennes et aux citoyens de continuer à rester mobiles. Dans ce contexte, le TCS suit de près les développements de projets de recherche menés à Fribourg.

Afin de favoriser l’innovation dans le domaine de la mobilité, l’Office fédéral des routes met au concours des projets de recherches dans le cadre de son programme MB4 – Mobilité 4.0. L’institut iSiS de la Haute école d’ingénierie et d’architectures de Fribourg a mené deux projets dans ce cadre.

Le premier, conduit par Roland Scherwey, porte sur les exigences minimales permettant de faire circuler des véhicules automatisés sur les routes suisses. Il s’inscrit dans le cadre de l’Ordonnance sur les véhicules automatisés, entrée en vigueur le 1er mars 2025, et se concentre sur le troisième cas d’usage identifié par l’OFROU: les véhicules sans conducteur  à bord. "Dans un tel scénario, explique Roland Scherwey, la supervision humaine devient indispensable. Le véhicule doit pouvoir limiter les échanges de données tout en alertant immédiatement un opérateur en cas de situation anormale." Si celle-ci ne peut être gérée de manière autonome, un arrêt en mode sécurisé (Minimal Risk Condition) doit être déclenché, dans une zone préalablement définie. L’opérateur, placé dans un centre d’opération, peut alors conseiller le véhicule ou en reprendre le contrôle à distance. "Cette architecture exige un ensemble cohérent de spécifications techniques, précise Roland Scherwey, pour le véhicule, pour la communication, pour les postes de supervision et pour les compétences humaines impliquées." Le projet a permis d’identifier 247 exigences clés – incluant sécurité routière, scénarios critiques et cybersécurité – et de les valider grâce à une campagne de tests expérimentaux.

Le projet s’est appuyé sur une collaboration entre ROSAS, la Berner Fachhochschule (BFH), le Dynamic Test Center (DTC) pour les essais, ainsi que CertX et le spécialiste en cybersécurité, Eraneos. Loxo complète ce réseau. Cet ensemble constitue un écosystème cohérent, né et structuré autour de la HEIA-FR et de ses partenaires. "Sur la carte suisse de la recherche dans le domaine des véhicules autonomes, on observe qu’il y a beaucoup de projets nés dans la région fribourgeoise et d’autres, à Genève et à Berne, dans lesquels nous sommes également impliqués. Ils couvrent toutes sortes de véhicules et de domaines, du transport de marchandises aux bus automatisés, en passant par la téléopération et les infrastructures", rappelle Roland Scherwey. 

Le second projet, mené par le professeur Michael Mäder, explore en collaboration avec CertX et ROSAS une autre dimension de la mobilité automatisée: la cybersécurité des infrastructures routières. "Il s’agit ici d’étudier la faisabilité et la mise en fonction d’un Security Operation Center (SOC) dédié aux équipements fixes du réseau suisse – feux de circulation, capteurs, systèmes de gestion –, un environnement mêlant IT, OT et technologies industrielles, explique Michael Mäder. Une partie de ces installations repose encore sur des solutions vieillissantes, souvent peu préparées à fournir des données de sécurité exploitables."

Le chercheur rappelle qu’un SOC n’est pas un simple dispositif technologique:  il repose sur des processus, des outils spécialisés, des compétences humaines, des mécanismes de gouvernance et des obligations légales, notamment l’exigence de déclaration obligatoire introduite par l’OFCS (Office fédéral de la cybersécurité). L’équipe a analysé plusieurs modèles d’implantation possibles – national, cantonal, externalisé, internalisé ou hybride – en étudiant les pratiques d’autres secteurs critiques et en conduisant des entretiens auprès d’organisations gérant déjà des infrastructures sensibles.
"L’analyse multicritère conduite dans le cadre du projet recommande un SOC centralisé, reposant sur un modèle de gouvernance hybride, précise Michael Mäder. Une mise en œuvre progressive permettrait d’atteindre une capacité opérationnelle initiale en 18 mois, tandis que le déploiement complet nécessiterait au moins 36 mois et un budget de plusieurs millions de francs." Ce SOC assurerait une surveillance continue et une réponse coordonnée aux cybermenaces, conditions indispensables pour protéger une infrastructure de système de transports intelligents coopératifs (C-ITS) désormais considérée comme critique.

La Suisse se positionne clairement comme un terrain d’essai attractif pour la mobilité autonome. Grâce à son approche systématique, son cadre réglementaire structuré et la qualité de ses partenaires scientifiques, le pays attire également des acteurs internationaux, notamment asiatiques, souhaitant mener leurs tests dans un environnement fiable. Ces projets posent les fondations nécessaires au déploiement futur de la mobilité autonome. Selon la feuille de route esquissée par les acteurs impliqués, les prochaines étapes se poursuivront entre 2030 et 2035, avant une phase d’expansion à partir de 2035. Les briques s’assemblent progressivement. Et Fribourg est en pole position pour contribuer à l’avenir de la mobilité autonome.

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